Par le passé, le gouvernement s'est montré plus que clément avec le diesel, en ménageant les constructeurs automobiles, voire en leur déroulant le tapis rouge pour faire prospérer leurs affaires à nos dépends. À un tel point que ça n'a pas plus à Bruxelles, mais alors pas du tout.
Avec le dieselgate, l'histoire se répète : cette fois, c'est suite à la commission d'enquête qui était censé conduire à des mesures sévères, là encore le gouvernement a fuit ses responsabilités, comme l'explique cet article de Claude Soula.
Merci encore à Guillaume Müller pour le partage !
mardi 29 novembre 2016
lundi 7 novembre 2016
[Le Monde] Le diesel : mal-aimé, mais parti pour durer
Je vous reproduit ici l'article de Jean-Michel Normand paru sur le Monde le 31 octobre dernier. Je vous recommande chaudement sa lecture sur le site du Monde car il est accompagné d'autres liens pour poursuivre sur la discussion sur l'actualité du diesel en France et sur l'affaire Volkswagen.
Tout le monde médit de lui, mais ce carburant à la mauvaise réputation n’est pas près de disparaître du paysage. Le cheval blanc Hybride et la fée Electricité ont encore du chemin à parcourir avant de s’imposer. Pour le diesel, l’année qui s’achève exhale un parfum de fin de règne. Outre les soubresauts de l’affaire Volkswagen, 2016 a vu s’accélérer la fonte de sa part dans les ventes de véhicules neufs (douze points perdus en trois ans) et ses privilèges mis à mal, avec l’abandon d’ici deux ans de l’avantage fiscal accordé aux voitures de société. Cette année aura aussi été celle de la libération de la parole anti-diesel. Dénoncé comme cancérogène à cause de ses émissions de particules et d’oxyde d’azote, celui que l’on appelait autrefois le « pétrole lourd » porte sur lui toute la pollution du monde.
Ce haro général ferait presque oublier que, pendant deux décennies, le diesel a représenté, avec l’aval des gouvernements successifs et l’adhésion des consommateurs, l’archétype de l’achat intelligent et raisonné, surtout pour ceux qui roulent beaucoup. Des voitures plus chères mais moins onéreuses à l’usage, car le gasoil consomme 15 % à 20 % de moins grâce à sa densité énergétique supérieure, ce qui lui permet de rejeter moins de CO2 que l’essence, à performances égales.
Débarrassé de ses tares d’antan (plus de préchauffage ni de montées en régime indolentes ou de trépidations déplaisantes), le diesel est, depuis 2007, majoritaire parmi les immatriculations de voitures neuves. Grâce, entre autres, à l’hérésie économique et écologique que constitue la multiplication de modèles diesel petits et moyens destinés aux particuliers. Plus dure sera la chute. Le durcissement des normes prévu d’ici à 2020 devrait renchérir de quelque 2 000 euros chaque moteur alimenté au gazole et accélérer l’érosion des ventes.
Que reste-t-il au diesel ? Interrogés sur le sujet, c’est tout juste si les communicants de PSA ne se bouchent pas le nez. « Non, on ne va pas encore parler de ça… » Désormais, tout discours rappelant que les derniers moteurs disposent d’un filtre à particules et d’un traitement efficace des oxydes d’azote est parfaitement inaudible. Le diesel est l’illustration concrète de la dégradation de la qualité de l’air en milieu urbain et le symbole de l’hypocrisie des normes d’émission, ambitieuses mais, dans les faits, respectées de très loin par les constructeurs. Et, en plus, il sent mauvais.
Une ère de transition
Si le souffre-douleur diesel a perdu la bataille de la communication, les constructeurs continuent de vendre, en France, des centaines de milliers de voitures de tourisme (sans parler des utilitaires) utilisant le carburant dont ils n’aiment pas parler, à des clients qui les réclament. Les SUV, ces modèles plus lourds que les autres et moins aérodynamiques, sont la nouvelle coqueluche des automobilistes, mais présentent un taux de diésélisation supérieur à la moyenne. Quant aux « gros rouleurs », qui avalent plus de 20 000 ou 30 000 kilomètres par an, ils n’ont objectivement pas intérêt à s’en remettre à un modèle essence, qui consommera bien davantage.
Les flottes d’entreprise, quoique incitées à changer leur fusil d’épaule, n’envisagent pas de se convertir à marche forcée. Pas question de faire plonger la valeur de revente de tous leurs véhicules diesel et de déséquilibrer le modèle économique du secteur. Bref, n’en déplaise à sa vilaine réputation, le diesel (toujours bénéficiaire d’un appréciable avantage fiscal à la pompe) n’est pas près de disparaître du paysage.
La voiture électrique, qui fait beaucoup parler d’elle mais ne pèse que 1 % des immatriculations, n’est pas encore capable de représenter une option opposable au diesel. Les motorisations hybrides, si. Toyota, qui vante leur faible coût d’entretien et les progrès intervenus en usage routier, assure désormais plus de la moitié de ses ventes dans l’Hexagone avec ce type de motorisation.
Plus de rôle dominant
Mais il est loin d’être acquis que l’hybride soit en mesure de faire, à l’avenir, disparaître toute trace de gazole. Cette technologie est encore largement minoritaire et devrait le demeurer, malgré le lancement de multiples nouveaux modèles. Son coût d’usage apparaît compétitif en ville, mais beaucoup moins sur route, et il ne bénéficiera plus, en 2017, du moindre « bonus écologique ».
De son côté, BMW, dont 80 % des immatriculations sont des diesels, affirme pouvoir gérer la transition sans trop de difficultés grâce à l’extension de sa gamme d’hybrides rechargeables, capables de parcourir une vingtaine de kilomètres en utilisant leurs seules batteries. Cependant les hybrides rechargeables ne sont rentables pour le consommateur qu’à condition de réaliser un panachage assez serré entre trajets urbains et autoroutiers, ce qui complique l’équation.
Et puis, l’horizon n’est pas complètement dégagé pour les classiques moteurs essence. Même s’ils ont réalisé de réels progrès en matière « d’efficience », les contraintes qui pèsent sur eux vont s’alourdir. Ils risquent, par exemple, de devoir bientôt se doter, eux aussi, d’un filtre à particules, afin de s’adapter à des normes toujours plus exigeantes qui pourraient bien amener les ingénieurs motoristes à augmenter la cylindrée des moteurs.
Ce faisceau de contraintes, auquel on peut ajouter les incertitudes qui entourent les gains à venir des batteries en termes d’autonomie, dessine une ère de transition où aucun carburant ni aucune technologie n’exerceront un rôle dominant. Véhicules dotés d’une motorisation électrique, essence, hybride, hybride rechargeable ou… diesel, vont se partager l’univers automobile pendant de longues années.
Encore merci à Guillaume Müller pour m'avoir fait part de cette publication !
lundi 31 octobre 2016
En marche à contre sens sur le diesel
Vous trouverez sur le Huffington Post la lettre ouverte d'Oliver Blond, Président de Respire, adressée à l'ancien ministre de l'économie et de l'industrie Emmanuel Macron.
http://www.huffingtonpost.fr/olivier-blond/en-marche-a-contre-sens-sur-le-diesel/
http://www.huffingtonpost.fr/olivier-blond/en-marche-a-contre-sens-sur-le-diesel/
En marche à contre sens sur le diesel
Permettez-moi de regretter que votre diagnostic de l'état de la France fasse si peu de place aux questions de santé et d’environnement.
Lettre ouverte à Emmanuel macron.
Cher Emmanuel Macron,
Vous avez initié un diagnostic collaboratif sur l'état de la France, préambule à la construction d'un projet qui devrait être publié prochainement et que de nombreux citoyens attendent avec curiosité.
Permettez-moi de regretter que ce diagnostic fasse si peu de place aux questions de santé et d'environnement – des questions qui agitent l'association Respire que je dirige, mais aussi de plus en plus de citoyens.
Vous mentionnez certes dans l'une des 176 "slides" de ce diagnostic la question de la pollution de l'air : "48 000 décès par an pourraient être attribués aux particules fines PM 2.5". Je vous en remercie, même s'il y a deux erreurs dans la même phrase : les 48 000 décès sont attribués à la pollution de l'air en général et non pas seulement aux PM2.5, et ces décès sont attribués par les experts de Santé publique France, l'institution officielle en charge de ces questions et ils n'ont été contestés par personne – il n'y a donc pas de raison de mettre un conditionnel.
En France, la pollution de l'air tue 10 fois plus que les accidents de la route.
Quoi qu'il en soit, le problème est d'importance. En France, la pollution de l'air tue 10 fois plus que les accidents de la route ; à Paris, c'est 60 fois plus ! En termes économiques, le coût de la pollution de l'air a été évalué à plus de 100 milliards par an par une commission sénatoriale.
Votre réserve sur ce sujet m'étonne ; elle contraste avec vos déclarations du mois d'août qui plaçaient le diesel "au cœur de la politique industrielle française". Car les moteurs diesel, qui constituent aujourd'hui près de 70 % du parc automobile national, sont responsables d'une part décisive de cette pollution et des décès qu'elle cause.
Certes, les moteurs les plus récents émettent, en masse, beaucoup moins de particules que ceux d'il y a 20 ans, notamment grâce aux filtres à particules. Malheureusement, cette diminution n'est une bonne nouvelle qu'en apparence.
En effet, les filtres exercent leur action en cassant les particules les plus grosses (appelées PM10) pour les détruire ou les transformer en molécules plus petites. Mais ce sont ces dernières qui sont les plus dangereuses. En fait : le problème s'aggrave !
Ce n'est pas tout : les moteurs diesel - et particulièrement ceux équipés des filtres - émettent des gaz toxiques appelés NOx. Ces NOx se recombinent avec les autres gaz ambiants et créent de nouvelles particules (dites secondaires), elles aussi toxiques. Pour résoudre un problème, on en crée donc un second !
Le diesel est une impasse technologique : c'est le minitel de l'automobile.
Tout cela, alors que le scandale Volkswagen puis celui sur les tests d'homologation nous apprennent que les différents diesels commercialisés en Europe ou en Amérique émettent, en situation réelle, jusque 15 fois plus de NOx que les valeurs limites !
Bien entendu, les moteurs à essence et ceux des deux roues polluent également. Mais le temps est passé d'un classement entre le pire et le moins pire. Il faut regarder plus loin. Le diesel est une impasse technologique : c'est le minitel de l'automobile. Ce n'est pas en l'améliorant qu'on a inventé Internet. Ce n'est pas en collant une nouvelle rustine sur des moteurs polluants qu'on inventera la mobilité de demain.
Et si vous défendez le diesel pour sauver des emplois, laissez-moi vous rappeler que ce ne sont pas les écologistes qui menacent le secteur automobile français : ce sont les concurrents internationaux qui ont mieux compris les enjeux technologiques et sociaux.
Deux industries technologiques, dans lesquelles la France excellait au XXe siècle, connaissent une crise profonde faute d'avoir perçu l'importance d'une révolution technologique.
De la même manière, ce ne sont pas les écologistes qui menacent le secteur nucléaire. C'est la baisse vertigineuse du coût des énergies renouvelables, désormais moins chères (stockage inclus) que l'énergie nucléaire produite par les nouvelles centrales de type EPR !
Les deux cas sont similaires : deux industries technologiques, dans lesquelles la France excellait au XXe siècle, connaissent une crise profonde faute d'avoir perçu l'importance d'une révolution technologique et environnementale.
Les constructeurs automobiles français ont raté le coche de la voiture hybride, ils sont à la traîne sur la voiture électrique. Ils n'ont pas besoin d'être consolés ou réconfortés dans leurs erreurs actuelles, mais au contraire d'être stimulés ou provoqués, alors que le monde des transports connaît une révolution d'une ampleur sans précédent, que ce soit dans les technologies ou les usages.
"Partir du réel pour apporter des réponses neuves", écrivez-vous sur votre site. Cela vaut aussi pour les enjeux de santé publique et les transformations industrielles. L'innovation politique, c'est aussi de placer l'écologie au carrefour des transformations sociales et économiques de notre temps.
lundi 17 octobre 2016
[Évènement] "Et si vous vous passiez du diesel ?" 18 octobre 2016 à 20h45
Si je vais mieux demain, vous pourrez me rencontrer ici :
http://www.leparisien.fr/sucy-en-brie-94370/sucy-et-si-vous-vous-passiez-du-diesel-17-10-2016-6219624.php
http://www.leparisien.fr/sucy-en-brie-94370/sucy-et-si-vous-vous-passiez-du-diesel-17-10-2016-6219624.php
mardi 27 septembre 2016
Première rencontre parisienne sur la question du diesel
Juste un petit mot pour vous signaler cette évenement qui est de mon initiative : une rencontre pour échanger sur la question du diesel. Rien de très formel, c'est plutôt un rendez-vous pour faire connaissance avec les lecteurs de mon blog, mais aussi ceux qui sont sensibles aux problématiques générées par le diesel, de manière générale (pollution, empoisonnement, escroquerie de pauvres particuliers, menaces géopolitiques du fait des approvisionnements sensibles...)
L'inscription se passe ici :
https://doodle.com/poll/42b3sfvu9q8xkzm8
https://doodle.com/poll/42b3sfvu9q8xkzm8
mercredi 31 août 2016
Tokyo banni le diesel : pollution
J'ai déjà partagé ici quelques vidéos, mais il s'agissait en général de documentaires pour lesquels il fallait se ménager une petite heure d'écoute.
J'ai découvert il y a quelque temps une sympathique chaîne Youtube, je vous propose de la découvrir par cet extrait du documentaire «Diesel, le scandale français».
J'ai découvert il y a quelque temps une sympathique chaîne Youtube, je vous propose de la découvrir par cet extrait du documentaire «Diesel, le scandale français».
mercredi 24 août 2016
Diesel et non-respect du code de la route
Les articles suivants du code de la route apparaissent totalement dérisoires face à la proportion de véhicules à moteurs diesel en circulation en France, qui ne respectent donc pas le code de la route au vu du caractère particulièrement toxique et mortifère de leurs émissions :
L’article L318-1 du code de la route prévoit que « Les véhicules doivent être construits, commercialisés, exploités, utilisés, entretenus et, le cas échéant, réparés de façon à minimiser la consommation d’énergie, la création de déchets non valorisables, les émissions de substances polluantes, notamment de dioxyde de carbone, visées à l’article L. 220-2 du code de l’environnement ainsi que les autres nuisances susceptibles de compromettre la santé publique. »
L’article R318-1 de ce même code stipule que « les véhicules à moteur ne doivent pas émettre de fumées, de gaz toxiques, corrosifs ou odorants, dans des conditions susceptibles d’incommoder la population ou de compromettre la santé et la sécurité publiques. »
Le fait de contrevenir aux dispositions du présent article est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la quatrième classe (135 euros, minorable à 90 euros).
L’immobilisation peut être prescrite dans les conditions prévues aux articles L. 325-1 à L. 325-3.
Finalement ce serait simple d’interdire les véhicules diesel en ville, une disposition légale prévoit de les immobiliser ! »
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