mardi 9 septembre 2014

Le diesel et la santé publique, texte de Jazz de la Brigade Anti-Diesel

Je partage ici un texte rédigé par un membre de la Brigade Anti Diesel. Il a été publié il y a quelques années sur notre forum.

Le diesel et la santé publique. 

Le moteur diesel, jadis réservé aux professionnels de la route (taxis, chauffeurs-livreurs, transporteurs routiers, VRP..) s’est considérablement démocratisé au fil des ans : équipant 1 véhicule particulier sur 100 en 1970, 1 sur 10 en 1985, plus d’1 sur 4 en 1995, il n’a cessé de se développer au point d’équiper aujourd’hui plus de 2 véhicules particuliers sur 3 et d’intégrer pleinement le paysage automobile français.



Mais a t-on vraiment prévu cette explosion du diesel, et en a t-on mesuré les conséquences ? Au lendemain du phénomène de l’amiante, certaines études font apparaître aujourd’hui que les émissions atmosphériques de ce type de moteur seraient particulièrement néfastes pour la santé et toucheraient les personnes les plus fragiles, en particulier les enfants. Selon un organisme de santé, le diesel provoquerait 40000 décès par an.



I Constats:



1 Causes du développement :



Le « mazout » a bénéficié ces dernières décennies d’une politique fiscale très favorable, car utilisé majoritairement pour le transport routier. Ce carburant enregistre donc des tarifs à la pompe toujours plus bas que ceux de l’essence, alors que son coût de revient est plus élevé que ce dernier. Ce tarif allégé associé à une consommation moindre et à des hausses successives du prix des carburants, ont modifié le comportement d’achat des consommateurs, qui progressivement se sont tournés vers cette motorisation au détriment du véhicule à essence. 
Les constructeurs automobiles se sont alors adaptés à cette nouvelle demande, qu’ils ont même devancée en proposant des « diesel » toujours plus performants par la mise au point de nouvelles technologies.. Le moteur diesel est donc devenu très attrayant au fil du temps, tout en conservant une certaine réputation de robustesse, mais qu’en est-il de son aspect écologique ?



2 Caractéristiques environnementales :



Le diesel par des taux de compression très élevés subit des contraintes de fonctionnement également plus élevées, ce qui le rend d’ailleurs plus sonore qu’un moteur essence. 
Disposant d’un meilleur « couple » qu’un moteur essence, le moteur diesel nécessite moins d’énergie pour fournir un effort équivalent, par exemple pour tracter, doubler ou franchir une pente, ce qui s’exprime par une consommation moindre du carburant, moins raffiné et plus lourd. 
Le rejet de dioxyde de carbone (CO2), un des principaux gaz à effet de serre et unique indicateur de pollution communiqué par les constructeurs, est donc moindre et permet au diesel de se fonder une réputation écologique, relayée par des magazines de presse automobile qui le plébiscitent et en classent certains parmi les plus «propres». 
Inutile, pourtant, de se munir d’appareils de mesure pour constater que les rejets de ce moteur sont de toute autre nature que ceux d’un moteur à essence : sa pollution se voit et se sent, même sur les modèles les plus récents (dépourvus d’un filtre à particules), qui à l’accélération, dégagent une forte odeur de combustion et de gaz imbrûlés, accompagnée, plus souvent, d’une traînée plus ou moins opaque de fumée noire. Il est effectivement frappant de suivre des véhicules diesel « neufs » de dernière génération et même de marque prestigieuse, qui, à l’accélération et en reprise, recrachent d’épais ronds de fumée noire ; ces véhicules dont les constructeurs vantent les méritent écologiques.


Partant du principe que « brûler pollue », tout véhicule équipé d’un moteur à combustion pollue, mais le diesel, même le plus moderne, laisse trace de son passage avec l’odeur si caractéristique de ses gaz qui envahissent les rues encaissées de nos villes et qui rendent leur fréquentation, au mieux peu agréable et au pire suffocante. 
Mais alors de quoi se composent ces gaz si malodorants et quels sont leurs effets sur la santé humaine ?



II Conséquences sur la santé humaine :



En effet, le diesel par ses contraintes de fonctionnement, produit 25 à 150 fois plus de résidus de combustion qu’un moteur à essence classique. 
Les fumées noires qu’émettent les véhicules diesel sont donc chargées en résidus de combustion, communément appelés « particules fines », c’est-à-dire d’un diamètre inférieur à 2,5 microns. Ces particules, non seulement gênantes, suscitent des inquiétudes pour la santé car elles sont également très toxiques et leur taille microscopique facilite grandement leur inhalation. Devenues encore plus fines sur les véhicules de dernière génération (DCI, TDI, HDI..), elles se déposent au plus profond de notre appareil respiratoire, dans les alvéoles pulmonaires.
Les particules en suspension dans l’air agissent alors en tant qu’irritant direct et abaissent le seuil de tolérance chez les personnes victimes d’allergies et sujettes à des crises d’asthme. 

Des études scientifiques récentes ont mis en évidence la responsabilité de ces particules (seules ou combinées à d’autres polluants dans l’air) dans une série d’atteintes graves à la santé, et notamment : une morbidité précoce, l’apparition d’affections respiratoires imposant une hospitalisation parfois urgente, crises d’asthme, symptômes respiratoires aigus entraînant une aggravation de la toux et une respiration difficile et douloureuse, bronchite chronique et altération de la fonction pulmonaire se traduisant par une respiration difficile. Par ailleurs, selon une étude britannique, ces micro-particules peuvent épaissir le sang et favoriser l’inflammation pouvant expliquer l’augmentation du risque d’infarctus du myocarde et d’accident vasculaire cérébral. Les fœtus, nourrissons, enfants et personnes âgées seraient les premiers à souffrir de ces rejets de suies. Enfin, selon une étude de l’Union Européenne, une légère augmentation de ces particules fines provoquerait une hausse de 5 à 15 % des décès par affection respiratoire ou cardio-vasculaire, et les hydrocarbures imbrûlés qu’elles véhiculent et sédimentent au fond des poumons sont suspectés d’avoir des effets cancérigènes.


On peut, par ailleurs, noter, que même si chaque véhicule émet individuellement moins de particules qu’auparavant, les émissions totales n’ont cessé d’augmenter, proportionnellement à la « diésélisation » croissante du parc automobile.

L’autre gros point faible du diesel est le rejet massif d’oxydes d’azote (NOx), 3 à 6 fois plus qu’un moteur essence. Il contribuerait directement à la formation de l’ozone, dont les fameux pics émaillent l’actualité estivale. Il peut irriter les poumons et diminuer la résistance aux infections respiratoires tels que la grippe et une forte concentration provoque alors des irritations et réactions inflammatoires des muqueuses (gorge et yeux) et affecte également les poumons, surtout chez les enfants et les personnes asthmatiques, que rencontrent d’avantage de crises. Les pics d’ozone favorisés par le soleil, augmenteraient, en outre, la mortalité de plus de 5 %.
 Enfin, une exposition prolongée à l’ozone peut altérer de manière irréversible la fonction pulmonaire et entraîner un vieillissement chronique des poumons ou l’apparition de maladies respiratoires chroniques.

Ces émissions sont donc accablantes pour le véhicule diesel et constituent pourtant son défaut majeur.

Mais son impact sur notre santé ne dépend-t-il pas du degré d’exposition et des prédispositions de chacun ? 

En effet, le diesel ne touche pas de façon égale la population : son impact dépend beaucoup de sa densité et de l’endroit où l’on se trouve. Les populations vivant en zone urbaine sont plus exposées car elles vivent dans un milieu où l’automobile est omniprésente et la concentration de polluants atmosphériques qui en est liée est la plus forte. Mais le nombre de voitures au km² n’est pas le seul facteur. L’urbanisme lui-même constitue un vecteur de pollution, car les rues encaissées de nos villes retiennent les polluants et facilitent notamment le maintien des particules en suspension. L’évacuation des polluants émis est donc limitée et comme remarqué plus haut, le passage des véhicules diesel se sent. Une rue ou avenue pentue exposera davantage la population y résidant, car les véhicules, constitués en majorité de moteurs diesel, dégagent plus d’émissions polluantes en situation de reprise ou d’accélération. 

Dans cet exercice, il est à noter que les véhicules diesel dans leur sonorité caractéristique crachent souvent un nuage de ces fameuses fumées noires suffocantes, incommodant les riverains. Par ailleurs, le moteur diesel nécessite un entretien plus technique et assidu qu’un moteur essence: son manque d’entretien est sanctionné par une pollution accrue exposant encore davantage les usagers de la voirie, comme les piétons, cyclistes ou automobilistes. 

Prenons l’exemple d’un véhicule diesel, qui mal entretenu et déréglé, franchit une côte en recrachant des fumées noires : si, sur son passage, il double ou croise des cyclistes ou des piétons, il impose à ces derniers, en plein effort, de respirer toutes ses substances cancérigènes. Quel terme peut-on alors employer pour qualifier l’acte d’administrer à une personne, contre son gré, à son insu, une substance toxique ? 

L’air est pourtant l’aliment que nous ingérons le plus (environ 15 000 litres par jour et par personne) pour nos besoins quotidiens, et ce que nous respirons passe dans notre sang ; il paraît donc indispensable, que celui-ci soit sain. Sur un même registre, un produit destiné à l’alimentation, ne serait-ce que suspecté d’être toxique ou vénéneux ne pourrait être commercialisé ou serait immédiatement retiré de la vente. Le produit lui, peut être choisi d’être consommé alors que l’air lui ne l’est pas, il nous est indispensable pour vivre. 



Si le principe de la liberté consiste à faire tout ce qui ne nuit pas autrui, la pollution énumérée plus haut comme tout nuisible, est liberticide, car les personnes pour se protéger doivent modifier leur comportement, et restreindre leur liberté d’aller et venir. J’ai en effet, le droit au mieux de respirer un air sain, au pire de ne pas respirer un air vicié ; dans le cas du véhicule diesel qui monte une côte et émet un nuage noir toxique, je n’ai pas le choix : j’inhale ses substances, alors que pendant l’effort, mes poumons sont ouverts au maximum et ont besoin de plus d'air. Si le sujet exposé est en bonne santé et n’a pas de prédispositions comme l’asthme, il sera à court terme au mieux incommodé, suffoquera, aura les yeux qui piquent, la gorge qui brûle, un goût d’hydrocarbures dans la bouche, voir une bronchite ; dans le second cas, une personne asthmatique ou à déficience respiratoire peut voir son état s’aggraver dangereusement. 


Quels seront les risques à long terme, pour une personne quotidiennement exposée, qui emprunte toujours le même chemin à pied ou à vélo et respire en grande quantité ces substances cancérigènes ? en comparaison, comment le corps réagirait face à une absorption quotidienne de charbon ou de matière carbonisée (pâte à tarte ou croûte de pain brûlées..) ? dans le cas de l’amiante, il s’avère que les personnes malades étaient les plus longuement ou fréquemment exposées, tout comme le tabac, ou toutes autres substances toxiques. 

Des précautions sont donc à prendre pour se prémunir de respirer ces particules toxiques, mais jusqu’où ? changer d’itinéraire, dévier sa trajectoire, s’arrêter, couper sa respiration par des phases d’apnées, en guettant les véhicules susceptibles de polluer ? ou déménager pour s’en prémunir ? ce dernier cas, est malheureusement la destinée des personnes atteintes de maladies respiratoires. 



On comprend mieux pourquoi certaines municipalités du monde comme Tokyo (Japon) l’ont interdit dans leurs agglomérations pour protéger les habitants. Japon, où les victimes de la pollution ont obtenu des constructeurs automobiles des indemnisations (« Le Monde » daté du 17 août 2007 ). D’autres pays ont une politique fiscale plus dissuasive à l’égard du diesel et leur proportion est alors bien moindre. A Montréal, par exemple, cette situation inverse surprend agréablement, car les rues sont d’une part moins bruyantes (fonctionnement plus silencieux du moteur à essence, associé de plus à la boîte automatique) et d’autre part, moins nauséabondes avec un air plus vif et plus respirable.




Pour conclure, les retombées de ce moteur semblent aussi inquiétantes qu'incertaines sur le long terme. En effet, aujourd'hui plus de deux véhicules sur trois roulent au diesel. Qui est capable d’estimer à long terme le nombre de malades respiratoires et de décès imputables à ce type de motorisation ? Prétendre que le diesel est écologique est une tromperie. 
L'Etat qui depuis des décennies favorise fiscalement le gasoil doit aujourd’hui reconnaître sa nocivité afin d'en informer la population. Il doit au nom du principe de précaution et de la protection de la santé publique prendre les mesures qui s’imposent, à l'instar du tabac ou de l'amiante dont le danger a été reconnu. 
Les pics de pollution aux particules fines et dioxyde d'azote, qui ont émaillé de nombreuses agglomérations françaises en décembre 2007, et dont on a très peu parlé, ont parfois comme à Paris atteint le niveau 10 sur une échelle de 10 durant deux jours consécutifs. De trop timides mesures s'en sont suivies comme la réduction de la vitesse maximum autorisée. 

Le risque pour la santé était pourtant à son apogée.
Les constructeurs automobiles ont également une responsabilité majeure : ils se sont focalisés sur l’avancée technologique des moteurs diesel améliorant toujours leur rendement, au détriment de l’élaboration de moteurs à énergie alternative. L'offre en motorisation hybride par exemple est encore inexistante chez les constructeurs européens, qui sont de ce fait très en retard sur leurs homologues japonais. Faute de mieux, ils devront prochainement (conformément à la norme européenne « Euro 5 ») équiper de filtres à particules tous les véhicules à moteurs diesel neufs, mais restent tous ces véhicules déjà en circulation, dont l’âge moyen est estimé à huit ans. 
Nul ne sait si les victimes de la pollution automobile ne se retourneront pas un jour contre l'Etat ou l’industrie automobile et pétrolière pour engager la responsabilité de ceux-ci, mais en attendant, chaque citoyen, dans son comportement d’achat et le mode de transport
qu’il utilise, a un rôle majeur à jouer. Les lobbies sont puissants et la prise de conscience naissante, mais ces enjeux de santé publique ne priment-ils pas ?

jeudi 31 juillet 2014

Londres: bientôt un nouveau péage pour les véhicules diesel?

Je profite d'une accalmie provisoire pour partager cet article de l'AFP via BFMTV. Londres va-t-elle (re)lancer la tendance du bannissement du diesel en ville ? Retrouvez l'article complet sur ce lien.



La ville de Londres envisage d'imposer un péage aux conducteurs de voitures diesel dans le centre ville. Elle se conformerait ainsi aux règles de l'UE en matière de qualité de l'air.

Illustration Adrian Denis - AFP
Un nouvelle taxe pourrait venir s'ajouter au péage urbain imposé à l'entrée de Londres. La ville envisage de mettre en place un second péage pour les voitures diesel dans le centre-ville.

La capitale britannique se conformerait ainsi aux règles de l'Union européenne sur la qualité de l'air, a annoncé mardi le maire de Londres, Boris Johnson.

Selon un porte-parole du maire, cette nouvelle taxe coûterait 11,5 livres - 14,5 euros - par jour aux conducteurs de véhicules diesel, soit le même prix que le péage urbain déjà en place à Londres. 

[...]

Une "zone à ultra faible émission" d'ici 2020

Cette idée est pour l'instant à l'état de projet. [...]

"Nous avons un gros problème de qualité de l'air à Londres", a annoncé Boris Johnson sur la BBC. "Il y a des gens qui meurent prématurément, nous sommes en infraction avec les normes européennes", a t-il poursuivi.

La capitale britannique enregistre des niveaux particulièrement élevés de dioxyde d'azote (NO2), émis par le trafic routier. Ces niveaux dépassent les seuils fixés par l'Union européenne. 

lundi 23 juin 2014

Conférence The Shift Project : «La mobilité, grande oubliée de latransition énergétique».

Juste un petit mot pour vous signaler ma présence à l'événement TSP de ce soir : «La mobilité, grande oubliée de la transition énergétique».
Je ne ferais pas partie des intervenants, mais je proposerais au débat la question de «la bombe diesel», ou comment se prémunir des conséquentes de la chute imminente de nos approvisionnements en gazole avec la baisse à venir des exportations russes (qui, je le rappelle, est de fait, notre première source d'approvisionnement en pétrole).

Sauf contrainte technique, je vous proposerais également un LiveTweet de l'évènement (@RValiasRV) et un Storify pour ceux qui ne pourront pas le suivre en direct.

dimanche 22 juin 2014

La pollution de l'air liée à un déclin cognitif plus rapide

C'est le site Psychomédia qui détient peut-être la clé du problème : pourquoi nous complaisons nous dans notre médiocrité atmosphérique, ou pourquoi ne faisons nous rien pour nous en défaire ? Plus sérieusement, une étude montre un des effets des atteintes de la pollution de l'air sur l'organisme.


La pollution de l'air aux particules fines est lié à un déclin cognitif plus rapide, selon une étude américaine publiée dans The Journals of Gerontology: Series B.
Un nombre croissant d'étude montre que la pollution de l'air par les particules fines affecte la santé et le développement du cerveau, mais peu d'attention a été accordée à ce que cela signifie pour le vieillissement du cerveau, souligne Jennifer Ailshire de l'Université de Californie du Sud, coauteure.
Ailshire et Philippa Clarke de l'Université du Michigan ont analysé des données concernant 780 participants à une grande étude débutée en 1986, qui étaient âgés de 55 ans ou plus lorsqu'ils ont été rencontrés en 2001.
[...]
Le participants qui résidaient dans des régions où les niveaux de ces particules étaient de 15 microgrammes par mètre cube ou plus faisaient une fois et demi plus d'erreurs que ceux qui demeuraient dans des régions où les niveaux étaient de 5 microgrammes ou moins. La norme de qualité de l'air de L'EPA (EPA = "Environmental Protection Agency") est de 12 microgrammes. Les participants étaient exposés à une moyenne de 13.8.
Après un ajustement des résultats pour tenir compte de plusieurs autres facteurs socioéconomiques pouvant influer sur les fonctions cognitives, la pollution aux particules fines demeurait associée à un déclin cognitif.
Les particules fines pourraient affecter les capacités mentales par ses effets néfastes sur le système cardiovasculaire et/ou en agissant directement sur le cerveau.
"Il y a des risques pour la santé à vivre dans des environnements pollués, en particulier pour les personnes âgées", souligne la chercheuse, "et nous devrions tous être plus conscients des enjeux liés à la qualité de l'air".

mercredi 11 juin 2014

Diesel : la fin d'une époque ?

Autant le dire tout de suite, je ne partage pas l'optimisme de . Pour autant, son billet emprunt de réalisme apporte un éclairage pertinent sur l'état des lieux du diesel en France.

[l'introduction originale et l'article dans son intégralité se trouvent ici].

I. La fin d’une époque

Sécurité routière, radars automatiques, augmentation du prix des carburants, coût d’entretien, pics de pollution, crise écologique et climatique, etc… : autant événements qui ont contribué chacun à leur niveau à faire évoluer les comportements des automobilistes, que ce soit au volant ou lors de l’achat d’une nouvelle voiture.
Si l’avènement des motorisations diesel haute pression a beaucoup amélioré l’image du moteur diesel, force est d’admettre qu’il va désormais falloir passer à autre chose pour apporter des réponses à la hauteur des mutations à venir.
A cet égard, la Volkswagen Golf constitue une référence intéressante : depuis 40 ans, elle a permis de démocratiser des technologies de pointe sur le créneau pourtant très concurrentiel des berlines compactes. Souhaitons que la récente e-Golf et la version GTE annoncée pour la fin de l’année 2014 connaissent le même sort.

II. le moteur Diesel & la métropolisation

Ces derniers mois, les véhicules à moteur Diesel ont été lourdement mis en cause lors des pics depollution aux particules fines constatés dans de nombreuses grandes villes françaises. Paradoxalement, ils n’ont jamais autant été autant dépollués qu’actuellement. Le problème est essentiellement le fait des véhicules Diesel mis en circulation avant l’entrée en vigueur de la norme Euro 5 ce qui conduit bien souvent à stigmatiser les « vieux » diesel comme étant les principaux responsables à l’origine du problème.
En réalité, ce que beaucoup de professionnels se gardent bien de dire c’est que c’est d’abord et avant tout la mauvaise utilisation des véhicules à moteur Diesel qui est à l’origine d’une part importante de ces problèmes de pollution. Pour qui circule très régulièrement en milieu urbain, des technologies bien plus vertueuses existent depuis plusieurs années déjà, en tête desquelles la technologie hybride-essence
Qu’on se le dise une fois encore, c’est bien l’excès de véhicules à moteur Diesel qui a conduit la France dans la situation que l’on connait aujourd’hui et parmi les causes de cet excès, la fiscalité excessivement favorable aux véhicules à moteur Diesel.
Alors que la France continue de s’urbaniser à bon train, notamment à l’intérieur des grandes agglomérations, le moteur Diesel va donc perdre du terrain dans la mesure où il répond mal aux contraintes de la ville dense.
Si Paris est officiellement la première grande ville française à avoir déclaré la guerre aux véhicules à moteur Diesel, d’autres grandes agglomérations pourraient bien lui emboîter le pas dans un proche avenir.

III. Fiabilité : en recul

Outre les accusations en matière d’émissions de polluants, l’autre faiblesse des motorisations Diesel high tech, c’est une fiabilité en recul et un coût d’entretien en hausse par rapport aux vieux Diesel d’antan. Mais là encore, attention aux accusations en bloc : l’expérience montre que ces problèmes de fiabilité sont en partie dues à des conditions d’utilisation trop éloignées de celles pour lesquelles le moteur Diesel est idéalement conçu.
En ayant étoffé à l’excès leur gamme Diesel, y compris sur de petites voitures destinées à un usage majoritairement urbain, les constructeurs sont en partie responsables des problèmes constatés. En partie seulement car au final, c’est bien le consommateur qui créer la demande et non l’inverse.
Rappelons à ce sujet, que la fiabilité légendaire des moteurs Diesel a pendant longtemps été acquise auprès des professionnels et des gros rouleurs, lesquels parcourent une part importante de leur kilométrage annuel sur autoroute ou voies rapides dans des conditions idéalement adaptées à ce type de motorisation.

IV. Dans la course pour quelques années encore


L'auteur du billet propose une approche trop «business as usual» : l'avenir en France, ce n'est pas un carburant à 1,80€ le litre, ni même à un parc de 24 millions de véhicule légers roulant au diesel. Quant à l'efficacité énergétique des moteurs à combustions, nous n'avons pas encore en France et en Europe un parc de véhicules électriques qui se compte en millions pour que cela soit un sujet de discussion comparée. Rappelons aussi par exemple qu'une bluecar (250km d'autonomie) a l'équivalent d'un réservoir de 4L d'essence.

Il est clair que des questions se poseront à l'automobile en générale, le véhicule essence sans doute, le véhicule électrique pourquoi pas, mais au véhicule diesel de manière certaine.

samedi 7 juin 2014

Le plan d'Anne Hidalgo contre le diesel

Face à a menace qui plane sur la France, le Francilien que je suis a quelques raisons de se rassurer. Je vous fait le rapport d'une interview d'Anne Hidalgo paru sur le monde. Commentaire et contextualisation arriveront dans un prochain article.

La circulation a baissé à Paris, mais pas la pollution, notamment aux particules fines. N'est-ce pas l'échec de Bertrand Delanoë et le vôtre ?
Absolument pas. Paris a pris les mesures qu'il fallait depuis 2001 en matière d'écologie urbaine. Je citerai le tramway, l'accroissement de l'offre de bus et de métro, sans parler de Vélib' et d'Autolib'. Nous avons réussi à diminuer le traficautomobile de 25 %. Aujourd'hui, seuls 7 % des déplacements au quotidien dans Paris se font en voiture. Dans le même temps, les gouvernements, et notamment ceux auxquels Mme Kosciusko-Morizet, ministre de l'écologie, a participé, ont pris des mesures à contresens qui ont favorisé le développement du diesel : prix du gasoil moins cher que l'essence, incitation des constructeursà produire des moteurs diesel. Si bien que, de 2000 à 2011, la part du diesel dans le parc automobile français est passée de 49 % à 72 %. En vertu d'une directive européenne qui fixe des niveaux de dépassements de pollution aux particules fines à ne pas dépasser, la France est menacée par la Cour dejustice européenne, de devoir payer 11 millions d'euros et 240 000 euros d'astreinte par jour de retard. Quand cette directive a été transposée en droit français en 2010, au lieu d'adopter une fiscalité plus écologique, le gouvernement de l'époque a continué de plus belle ! C'est ce que j'appellemettre la poussière sous le tapis. La question n'est donc pas de savoir si Paris a échoué. Si nous sommes à la veille d'un scandale de santé publique, c'est à cause de l'irresponsabilité des précédents gouvernements.
Jean-Marie Le Guen, député de Paris et adjoint à la santé, propose d'interdire les voitures diesel dans Paris. Est-ce réaliste ?
Il a raison de rappeler l'enjeu, mais plutôt que l'interdiction, qui n'est pas techniquement réaliste, je propose des mesures incitatives. Aller vers la fin du diesel à Paris dans la mandature sera ma priorité, au même titre que lelogement, si je suis élue maire. D'ici à trois ans, nous aurons réussi l'éradication du diesel dans la flotte de la Ville. Il reste 30 % de véhicules municipaux qui roulent au gasoil. Il faut que d'ici à deux ans, il n'y ait plus de bus de la RATP au diesel à Paris. J'interdirai les cars de tourisme au diesel dans la capitale. Il existe des solutions utilisées dans d'autres villes comme les minibus électriques. Je veux travailler avec la profession des taxis pour transformer le parc existant en une flotte à moteur hybride, électrique. Une autre piste : pourquoi ne pasétudier la création de taxis collectifs ? Pour fluidifier les accès routiers aux aéroports, je propose une voie réservée aux taxis et au covoiturage.
Allez-vous continuer de réduire la circulation automobile ?
Oui, par de nouveaux modes de transports alternatifs. Je prolongerai le tramway à l'ouest ainsi que la ligne 10 du métro jusqu'à Ivry-sur-Seine, à l'est. Je travaille à un plan vélo pour doubler les pistes cyclables, avec des itinéraires pourfranchir les portes de Paris. Nous devons surtout encourager la mutation du parc automobile privé vers la voiture électrique. Autolib' par son succès nous a permis d'enclencher cette révolution. Je propose que soit étudiée l'ouverture des couloirs de bus aux scooters et aux voitures électriques lorsqu'elles sont en covoiturage.
Jusqu'ici, le gouvernement n'a pas pris de mesures antidiesel. Que devrait-il faire ?
Il pourrait créer une prime à la casse pour les voitures anciennes. Je suis favorable à un péage pour les camions à l'entrée de l'agglomération parisienne. Beaucoup de poids lourds passent par la métropole et ne s'y arrêtent pas. Des réformes fiscales doivent être prises pour ramener le diesel au même prix que celui de l'essence. Le gouvernement doit faire le pari de la voiture électrique et s'engager vers la transition écologique pour créer de nouveaux emplois. Je suis convaincue que ce que nous ferons à Paris et dans la métropole aura un effet d'entraînement sur une politique nationale efficace en matière de lutte contre la pollution...

mardi 20 mai 2014

Cyberaction contre le diesel : protéger la santé, transformer les emplois

Cyberaction (dont le solgan est «votre souris a du pouvoir») est un site qui propose aux internautes d'«exercer activement leur citoyenneté et promouvoir une autre approche de la démocratie, de l'économie et de la solidarité entre les peuples et les êtres humains.» Il est par cette approche salutaire pour se faire entendre et faire bouger les lignes face à l'immobilisme politique et au poids des lobbys.

Ces derniers jours, une cyberaction a été lancée pour soutenir le projet de loi de prime à la reconversion lancé par le Sénat, c'est un premier pas pour la remise en cause de l'intouchable diesel français.

"Prime à la reconversion
Par cette mesure, le groupe écologiste entend "ne pas pénaliser les possesseurs actuels de véhicules diesel". A ce titre, il affirme que cette taxe devrait être accompagnée d'une "prime à la reconversion" pour les ménages qui passeraient d'un véhicule roulant au gazole à un véhicule propre ou aux transports en commun.
En outre, les sénateurs estiment que les pouvoirs publics devront accompagner la filière industrielle diesel, notamment en "garantissant les emplois menacés jusqu'à leur reconversion totale".
Scandale sanitaire et manque à gagner pour l'Etat
Evoquant une "question de responsabilité", les sénateurs soulignent que le diesel représente un "scandale sanitaire" et un "manque à gagner pour les finances publiques de plus de 7 milliards d'euros par an".

Les  gaz d'échappement des moteurs diesel ont été classés parmi les cancérogènes certains pour l'homme par le CIRC (centre international de recherche sur le cancer) et l'OMS (Organisation mondiale de la santé). Selon les experts, l'exposition à ces gaz est associée à "un risque accru de cancer des poumons".
Et le diesel bénéficie d'un avantage fiscal. En effet, la taxe sur les carburants (TICPE) est de 43 centimes par litre pour le gazole contre 61 centimes pour l'essence.
A ce jour, le parc automobile français est composé à 60% de véhicules diesel."

Retrouvez l'intégralité de la cyberaction ainsi que les liens associés en sources ici.