samedi 7 juin 2014

Le plan d'Anne Hidalgo contre le diesel

Face à a menace qui plane sur la France, le Francilien que je suis a quelques raisons de se rassurer. Je vous fait le rapport d'une interview d'Anne Hidalgo paru sur le monde. Commentaire et contextualisation arriveront dans un prochain article.

La circulation a baissé à Paris, mais pas la pollution, notamment aux particules fines. N'est-ce pas l'échec de Bertrand Delanoë et le vôtre ?
Absolument pas. Paris a pris les mesures qu'il fallait depuis 2001 en matière d'écologie urbaine. Je citerai le tramway, l'accroissement de l'offre de bus et de métro, sans parler de Vélib' et d'Autolib'. Nous avons réussi à diminuer le traficautomobile de 25 %. Aujourd'hui, seuls 7 % des déplacements au quotidien dans Paris se font en voiture. Dans le même temps, les gouvernements, et notamment ceux auxquels Mme Kosciusko-Morizet, ministre de l'écologie, a participé, ont pris des mesures à contresens qui ont favorisé le développement du diesel : prix du gasoil moins cher que l'essence, incitation des constructeursà produire des moteurs diesel. Si bien que, de 2000 à 2011, la part du diesel dans le parc automobile français est passée de 49 % à 72 %. En vertu d'une directive européenne qui fixe des niveaux de dépassements de pollution aux particules fines à ne pas dépasser, la France est menacée par la Cour dejustice européenne, de devoir payer 11 millions d'euros et 240 000 euros d'astreinte par jour de retard. Quand cette directive a été transposée en droit français en 2010, au lieu d'adopter une fiscalité plus écologique, le gouvernement de l'époque a continué de plus belle ! C'est ce que j'appellemettre la poussière sous le tapis. La question n'est donc pas de savoir si Paris a échoué. Si nous sommes à la veille d'un scandale de santé publique, c'est à cause de l'irresponsabilité des précédents gouvernements.
Jean-Marie Le Guen, député de Paris et adjoint à la santé, propose d'interdire les voitures diesel dans Paris. Est-ce réaliste ?
Il a raison de rappeler l'enjeu, mais plutôt que l'interdiction, qui n'est pas techniquement réaliste, je propose des mesures incitatives. Aller vers la fin du diesel à Paris dans la mandature sera ma priorité, au même titre que lelogement, si je suis élue maire. D'ici à trois ans, nous aurons réussi l'éradication du diesel dans la flotte de la Ville. Il reste 30 % de véhicules municipaux qui roulent au gasoil. Il faut que d'ici à deux ans, il n'y ait plus de bus de la RATP au diesel à Paris. J'interdirai les cars de tourisme au diesel dans la capitale. Il existe des solutions utilisées dans d'autres villes comme les minibus électriques. Je veux travailler avec la profession des taxis pour transformer le parc existant en une flotte à moteur hybride, électrique. Une autre piste : pourquoi ne pasétudier la création de taxis collectifs ? Pour fluidifier les accès routiers aux aéroports, je propose une voie réservée aux taxis et au covoiturage.
Allez-vous continuer de réduire la circulation automobile ?
Oui, par de nouveaux modes de transports alternatifs. Je prolongerai le tramway à l'ouest ainsi que la ligne 10 du métro jusqu'à Ivry-sur-Seine, à l'est. Je travaille à un plan vélo pour doubler les pistes cyclables, avec des itinéraires pourfranchir les portes de Paris. Nous devons surtout encourager la mutation du parc automobile privé vers la voiture électrique. Autolib' par son succès nous a permis d'enclencher cette révolution. Je propose que soit étudiée l'ouverture des couloirs de bus aux scooters et aux voitures électriques lorsqu'elles sont en covoiturage.
Jusqu'ici, le gouvernement n'a pas pris de mesures antidiesel. Que devrait-il faire ?
Il pourrait créer une prime à la casse pour les voitures anciennes. Je suis favorable à un péage pour les camions à l'entrée de l'agglomération parisienne. Beaucoup de poids lourds passent par la métropole et ne s'y arrêtent pas. Des réformes fiscales doivent être prises pour ramener le diesel au même prix que celui de l'essence. Le gouvernement doit faire le pari de la voiture électrique et s'engager vers la transition écologique pour créer de nouveaux emplois. Je suis convaincue que ce que nous ferons à Paris et dans la métropole aura un effet d'entraînement sur une politique nationale efficace en matière de lutte contre la pollution...

mardi 20 mai 2014

Cyberaction contre le diesel : protéger la santé, transformer les emplois

Cyberaction (dont le solgan est «votre souris a du pouvoir») est un site qui propose aux internautes d'«exercer activement leur citoyenneté et promouvoir une autre approche de la démocratie, de l'économie et de la solidarité entre les peuples et les êtres humains.» Il est par cette approche salutaire pour se faire entendre et faire bouger les lignes face à l'immobilisme politique et au poids des lobbys.

Ces derniers jours, une cyberaction a été lancée pour soutenir le projet de loi de prime à la reconversion lancé par le Sénat, c'est un premier pas pour la remise en cause de l'intouchable diesel français.

"Prime à la reconversion
Par cette mesure, le groupe écologiste entend "ne pas pénaliser les possesseurs actuels de véhicules diesel". A ce titre, il affirme que cette taxe devrait être accompagnée d'une "prime à la reconversion" pour les ménages qui passeraient d'un véhicule roulant au gazole à un véhicule propre ou aux transports en commun.
En outre, les sénateurs estiment que les pouvoirs publics devront accompagner la filière industrielle diesel, notamment en "garantissant les emplois menacés jusqu'à leur reconversion totale".
Scandale sanitaire et manque à gagner pour l'Etat
Evoquant une "question de responsabilité", les sénateurs soulignent que le diesel représente un "scandale sanitaire" et un "manque à gagner pour les finances publiques de plus de 7 milliards d'euros par an".

Les  gaz d'échappement des moteurs diesel ont été classés parmi les cancérogènes certains pour l'homme par le CIRC (centre international de recherche sur le cancer) et l'OMS (Organisation mondiale de la santé). Selon les experts, l'exposition à ces gaz est associée à "un risque accru de cancer des poumons".
Et le diesel bénéficie d'un avantage fiscal. En effet, la taxe sur les carburants (TICPE) est de 43 centimes par litre pour le gazole contre 61 centimes pour l'essence.
A ce jour, le parc automobile français est composé à 60% de véhicules diesel."

Retrouvez l'intégralité de la cyberaction ainsi que les liens associés en sources ici.

mardi 1 avril 2014

Scandale des stickers «Le Diesel Tue»

Vous avez peut-être entendu les rumeurs sur les stickers obligatoires «Le Diesel Tue», c'est confirmé, ils seront obligatoires dès le 1er juin.
Thomas Drouart vous explique tout sur ce projet de loi, des conditions, ainsi que les sanctions encourues en cas de non respect de cette disposition.

«Selon l’OMS, le diesel tuerait 42 000 personnes ans, c’est partant de ce constat que l’État a décidé d’imposer aux conducteurs de véhicules diesel d’apposer sur les flancs de leur voiture un sticker « Le Diesel Tue ». Cela a été justifié par le Gouvernement de la manière suivante : « On l’a bien fait pour le tabac et ça a fonctionné. Donc on tente pour le diesel ».»

Vous y trouverez également des témoignages, ainsi que les photos des premiers stickers.

jeudi 27 mars 2014

Diesel, le scandale français (la redite !)

N'ayant pas encore le temps de reprendre en main le blog (je sais, j'en ai laissé passé, des actus...), je vous propose une «redif» (car je sais que certains sont passés à côté !)

Bon documentaire !


mardi 14 janvier 2014

Le déclin du diesel dans le marché du neuf ?

En attendant de pouvoir reprendre mon blog à temps plein, je vous partage ici l'article d'un confrère à retrouver en intégralité ici.

Fabrice Path souligne la baisse de la proportion de vente de véhicules diesel sur le marché du neuf qu'a connu le diesel en 2013, un 67% au lieu du 80% habituel.


Ventes de voitures diesel : l’inexorable déclin ?

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En 2013, la part des véhicules à motorisation diesel dans les ventes automobiles en France a connu son plus bas niveau depuis 10 ans. Cette contraction des ventes devrait continuer dans les prochaines années, au profit des moteurs essence et hybride.

Diesel : seulement 67 % des ventes en 2013

Dévoilées par le site autoactu.com, les ventes 2013 de véhicules diesel – avec 67 % de parts de marché – ont connu leur plus bas niveau depuis 10 ans. Les immatriculations dites « tactiques » concernant des véhicules non commercialisés mais immatriculés au nom de la concession cachent probablement une réalité encore plus sombre pour les véhicules « mazoutés ». Cette pratique, qui permet notamment aux concessionnaires d’atteindre leurs objectifs de vente et de percevoir leurs primes, concernerait 1 véhicule sur 10 dans l’Hexagone… gonflant d’autant les stocks.

Une fiscalité encore et toujours favorable au diesel

Dans un pays où, traditionnellement, les diesels concernent près d’une vente sur huit, et qui dispose de fortes compétences dans le domaine de la conception de moteurs carburant au gasoil – PSA PeugeotCitroën en tête –, cette baisse est loin de constituer un épiphénomène. Même si le gasoil conserve de nombreux avantages parmi lesquels une moindre taxation que l’essence sans-plomb – 65 cents vs 86 cents par litre – un pouvoir calorifique plus important ou encore des émissions de CO2 réduites – et donc un barème bonus/malus plus favorable et une TVS plus douce pour les sociétés –, ce carburant fait l’objet de critiques de plus en plus acerbes.

Diesel : des critiques nombreuses et croissantes

Depuis deux ans, les médias généralistes et spécialisés mobilisent l’opinion publique au sujet du dossier « diesel », certains le comparant à tort ou à raison à un nouveau scandale de l’amiante. Accusé d’être en grande partie responsable de la pollution atmosphérique des grandes métropoles, le diesel a dû faire face à un nombre croissant de clients mécontents : filtre à particules (FAP) bouché qui n’arrive pas à se régénérer lors d’une utilisation en milieu urbain, injecteurs encrassés, pannes sur la vanne EGR, … Pour autant, ...La suite sur le site de l'automobile propre.com

mercredi 1 janvier 2014

Le diesel en France : bientôt une question géopolitique.

Je ne vous ferais pas ici une synthèse de mes publications précédentes sur la place de la Russie, mais laissez-moi vous faire part de cet article de 2000watts.org.

Le sujet de l'article est la baisse de revenue liée à la baisse de la production, mais ce qui nous intéresse ici est l'annonce d'un peak oil de la Russie pour 2018-2019 (trois ans après mes sources habituelles). 

Que va-t-il se passer après ? J'ai déjà abordé la question dans tous mes billets portant le libellé «Russie» (que j'ai crée ce jour), et que je vous recommande de suivre si vous dépendez de proches roulant au diesel (ou si vous même roulez à l'huile lourde !).

Une alternative possible ? Selon moi, il n'y en a qu'une à l'ordre du jour, qui revient à choisir entre la peste et le choléra.

vendredi 20 décembre 2013

Enquête vidéo - Pourquoi demain vous ne roulerez plus au diesel

Je suis vraiment pris par le temps en ce moment, mais impossible de ne pas partager cet article avec vous. Voici des extraits du dernier dossier de caradisiac, que je vous invite à lire ici (avec une vidéo en bonus !)


En 2013, plus de 24 millions de Français roulent au diesel, soit 65 % du parc automobile. Une part qui place la France en tête des pays les plus diésélisés en Europe et dans le monde. Cet amour pour le gasoil, l’Hexagone l’a contracté il y a 50 ans, au sortir de la guerre. Pour relancer l’économie et doper la compétitivité, l’Etat détaxe alors le gazole. Le phénomène s’accélère à la fin des années 60 avec l’apparition des centrales nucléaires. Pour compenser le délaissement du fioul qui servait au chauffage, le gouvernement incita la production massive des véhicules destinés à écouler la l’excédent de gazole. Ce fut le début de la course au diesel. Dans les années 80, la part de cette énergie représentait déjà 5% des voitures neuves vendues. Depuis se sont succédé un choc pétrolier, des incitations fiscales (bonus/malus, prime à la casse) et un énorme pole professionnel créé autour de l’industrie du diesel. Si bien qu’aujourd’hui, la part des voitures neuves diesels vendues en France flirte avec les 73%.

71% des automobilistes n’amortissent pas leur achat

Dans l’esprit d’un Français, rouler diesel, c’est rouler économique. Pourtant, une récente étude menée par l’institut indépendant UFC Que Choisir rapporte que 71 % des acheteurs n’amortissent pas leur achat. « Plus cher à l’achat (1 000 € à 1 500 €), le diesel, pour être rentabilisé, implique un usage intensif du véhicule, soit en général au moins 20 000 km par an. Pourtant, le kilométrage moyen parcouru par les sondés utilisant ce type de motorisation est dans 71 % des cas inférieur à 20 000 km par an. Le diesel n’est donc pas un choix rationnel, par rapport à l’essence, pour une majorité de ménages », rapporte l’UFC. Acheter un diesel engage également à des dépenses supplémentaires pour les postes entretien et assurance. « Si la version gasoil vaut 7 % de plus que la version essence, l'assurance sera alors environ 7 % plus chère en moyenne », explique l’organisme indépendant UFC. Enfin, autre critère : l'entretien. Sur ce point, le diesel reste plus onéreux. Le moteur exige une huile plus haut de gamme, des intervalles de vidange plus rapprochés et une technologie plus pointue, donc plus chère.

Normes Euro 6 = surcoût pour les diesels

Si le diesel n’est économique que pour les gros rouleurs, les mentalités ont du mal à changer. Mais le vent est en train de tourner. L’arrivée des nouvelles normes de dépollution imposées aux constructeurs vont accélérer la chute des ventes observée, pour la première fois depuis près de 20 ans, sur les véhicules diesels aux mois d’octobre et novembre 2013. À compter du 1er septembre 2014, les constructeurs automobiles auront l’obligation de traiter en plus du CO2 (dioxyde de carbone), les Nox (dioxyde d’azote). Un gaz jusqu’ici « oublié »
 par les pouvoirs publics sensibles au lobbying des constructeurs et des pétroliers. Plus compliqués à dépolluer que l'essence, les moteurs diesels vont voir leur coût de fabrication augmenter, entraînant dans leur sillage une hausse des prix de vente de tous les modèles. Pour le moment, ce surcoût est estimé à environ 1 500 €. « Sur un véhicule haut de gamme à 50 000 €, cette inflation est indolore. Mais sur une polyvalente ou une compacte à 12 000 €, c’est loin d’être le cas », explique Michel Holtz, journaliste automobile au Huffington Post. [...]

Pourquoi vous allez rouler davantage à l’essence

L’équation est enfantine. D’année en année, les diesels seront plus sévèrement (et financièrement) punis par le malus écologique, leur homologation engendrera un surcoût pour le client alors qu’en face l’écart tarifaire entre l’essence et le gasoil n’apparaît plus aussi conséquent que par le passé. Sentant le changement s’amorcer mais sans totalement délaisser le diesel, les constructeurs ont changé leur fusil d’épaule et se tournent massivement vers l’essence et les solutions alternatives (hybride/électrique). Renault a récemment investi 300 millions d’eurosEnquête vidéo - Pourquoi demain vous ne roulerez plus au dieseldans son usine de Cléon (76) et PSA 893 millions dans celle de Tremery (57) pour le développement de moteurs essence plus modernes. Dorénavant, ce seront eux qui seront mis en avant dans les concessions. De petite cylindrée, ces mécaniques bénéficient d’une injection directe et d’un turbo. Elles affichent des consommations similaires au diesel pour un agrément et des performances souvent supérieurs. A titre d’exemple, PSA mise beaucoup sur son petit 3 cylindres 1.2 Turbo capable de fournir une puissance de 130ch. Cette offre développée pour l’Europe servira aussi à fournir des marchés bien plus lucratifs comme la Chine et le Brésil. Les autres généralistes Volkswagen (TSi) et Ford (Ecoboost) ont déjà entamé leur mue vers l’essence depuis plusieurs mois. De plus, cette nouvelle génération de moteurs essence est beaucoup moins émettrice de particules fines, sévèrement encadrées par la prochaine norme Euro 6.

Certains défendent encore le diesel

Pour certains acteurs du marché, cet avenir funeste ne signe pourtant pas l’arrêt de mort du diesel. Ils pensent qu’il a, malgré tout, de beaux jours devant lui. [...]

42 000 morts par an dus au diesel

Le diesel pour les riches et l’essence pour les classes modestes ? Il paraît raisonnable de penser que dans les années à venir, le diesel ne sera plus le carburant privilégié par les conducteurs, même si ceux qui roulent beaucoup pourront encore se
 laisser tenter. Indépendamment de la problématique économique qui sera de plus en plus en défaveur du diesel (il ne serait pas étonnant que les avantages fiscaux incitant les entreprises à diéséliser leur parc disparaissent), son caractère polluant (rappelons que l’Organisation mondiale de la santé vient de le déclarer cancérogène et qu’il ferait 42 000 morts par an en France) incite de plus en plus les automobilistes à choisir l’essence aujourd’hui considérée par les normes d’homologation moins néfaste pour la santé. [...]