jeudi 25 mars 2010

Mise à jour du lien de la conférence de Jean Marc Jancovici

Cela doit faire mauvais genre. Je développe un article plus qu'à l'habitude (je suis avare en détails car j'aime être sûr de ce que je dis), mais je cite un de mes billets dans lequel le lien n'est plus à jour !

En effet, la conférence à laquelle j'ai fait référence se tenait dans le cadre d'un cycle de Conférences à la cité des Sciences. Et depuis la fusion avec le Palais de la Découverte (j'aimerais dire un mot de ce que j'en pense mais là n'est pas le sujet...), les conférences ont était déplacées vers un nouveau site, universcience.fr (que je vous invite quand même à visiter !)

J'ai donc corrigé le lien du billet du 24 janvier. Mieux. Ce billet pointe vers cet article.

mardi 16 mars 2010

Le prix des carburants en France, le calme avant la tempête

Une fois de plus, Je reprends l'article en plus du rétrolien car il est annonciateur d'une situation paradoxale que l'on vit en France.

Sur un plan personnel, je joue la provocation pour mettre en valeur se paradoxe. Je possède comme véhicule principal une sportive importée poussée à 340ch, et qui n'est pas optimisée pour le sans plomb 98. Mais même avec les prix actuels de ce dernier en France, je ne peux que me forcer de m'empêcher de rire (ou mieux, rire aux éclats !). Pire, je pousse le vice à ignorer mon précédent véhicule, qui consommait presque deux fois moins.

Un avis critique idéalisé sur mon choix pourrait dire ceci "s'acheter une sportive, en ces temps de crise ?" ou "s'acheter une sportive[sous-entendu : et pas un véhicule plus économique, vous pouvez placer aussi des propositions obscènes] , alors qu'il n'y aura bientôt plus de pétrole ?". Sur une optique court-moyen terme (comme souvent lorsque l'on s'achète un véhicule), le premier avis peut (difficilement) tenir la route, mais pas le deuxième, comme l'explique l'article et en particulier le graphique (vous comprendrez alors que je mets en parallèle ma situation face à celle d'une personne qui doit aussi s'acheter un nouveau véhicule, mais "qui fait le mauvais choix") :


La flambée des prix du carburant

La flambée des prix du carburant Ecrit par Silverdabla
Publié le : 04/07/2008
Catégorie : Actu auto


Pourquoi le prix du Diesel augmente plus fortement que celui de l’essence à la pompe ?Cela ne s’explique pas par la montée en flèche du prix du baril de pétrole (130 DOLLARS) mais plutôt par rapport aux marges de raffinage explique l’UFC (l’union des françaises des consommateurs)...

Le prix du gasoil va-t-il dépasser celui de l’essence ? Depuis le début de l’année 2008, le prix du litre de gasoil ne cesse de se rapprocher du prix du litre de sans plomb 95. Ainsi, entre avril et mai, le prix du litre du SP 95 a augmenté en moyenne de 6 centimes d’euro, tandis que celui du gasoil s’est apprécié de 10 centimes d’euro. En cause : la marge de raffinage des compagnies pétrolières, qui correspond à ce que facture le raffineur en plus du prix du produit brut. En 2002, la marge de raffinage sur un litre de gasoil représentait 2 à 3 centimes d’euro.


Elle a petit à petit augmenté jusqu’en janvier 2008 où elle s’élevait à 6,4 centimes d’euro soit déjà 2,5 fois plus que celle appliquée à l’essence. «Depuis janvier, la marge de raffinage a connu une flambée historique, affirme François Carlier, directeur adjoint des études à l’UFC-Que Choisir. C’est du jamais vu.» Sur un litre de diesel, la marge de raffinage s’élève aujourd’hui à 15,4 centimes d’euro, contre 2,8 centimes sur l’essence.


Elles pourraient d’ailleurs continuer à s’accroître rapidement dans les mois à venir. «La forte hausse des marges de raffinage sur le gasoil explique près de 50% de l’augmentation du diesel, le reste est dû à la hausse du baril de pétrole», poursuit François Carlier.


la 
flambée du carburants


Diésélisation du parc


L’explosion des marges de raffinage sur le diesel résulte d’un déséquilibre de plus en plus marqué entre les capacités de raffinage des compagnies pétrolières qui stagnent et la demande des automobilistes en diesel qui ne cesse de croître en Europe. «Le parc automobile français s’est fortement « diésélisé », explique-t-on à l’UFIP, Union française des industries pétrolières.


Aujourd’hui, 75% des voitures neuves vendues en France roulent au diesel. Résultat, la demande de gasoil est très forte ce qui fait naturellement grimper les prix.» La commission européenne avait signalé cette tension sur les prix du raffinage du gasoil dès 2004.


Là où l’UFIP ne voit qu’un mécanisme de régulation entre l’offre et la demande, l’association de consommateurs dénonce une volonté délibérée de la part des compagnies pétrolières d’augmenter les tensions sur le marché du gasoil. «Aucune capacité de raffinage supplémentaire n’a vu le jour depuis 30 ans, souligne François Carlier. En n’investissant pas dans le raffinage, elles ont accentué le déséquilibre entre l’offre et la demande de diesel ce qui fait exploser leur profit sur le raffinage.»


L’UFC-Que Choisir demande par conséquent au gouvernement qu’à l’occasion de la présidence française de l’Union européenne, la question de la relance des investissements dans le raffinage européen soit posée.
 
Au fait, vous avez bien regardé la courbe ? Elle s'arrête mi-2008, à des valeurs qui ne sont plus celles d'aujourd'hui. Et pour cause : il y a eu la crise, puis récession.Du coup certains s'écrireront  "périmé !" en dénonçant l'article. Certes, les faits ne sont plus d'actualité (avec la crise, ce genre d'actus évoluent vite...), mais les mécanisme qui ont mené à ses faits, si. Relisez mes précédents articles en cas de doutes, j'ai déjà donné certaines pièces du puzzle.
Cela fait un moment que l'on parle du plateau de production, non ? J'avais fait une blague pourrie à ces sujets :

"C'est la crise. Les industriels du monde entier, inquiets de fâcher leur principal partenaire, l'OPEP, organise à son attention une Réunion de crise.
-C'est la crise, nous allons baisser notre production, lance alors le porte-parole des industriels
-Ça tombe bien ! Nous aussi !"
Non, elle est mieux comme ça :

"C'est la crise. L'OPEP, organise une Réunion de crise et y convoque les industriels du monde entier :
-Nous allons baisser notre production, lance alors le porte-parole de l'OPEP
-Ça tombe bien ! Nous aussi !"
 Bon d'accord, son seul intérêt comique est qu'elle peut être présentée de deux manières différentes.
1/D'après vous, que se passera-t-il....
-En cas de reprise de l'activité économique?
-En cas de baisse de production du pétrole (de baisse je dis bien, j'imagine plus un passage de 86,6 millions de barils annuels à 84 millions de barils annuels) ?
-Si les deux se passent en même temps ?
2/On le sait, l'état subventionne les diésélistes afin qu'ils souffrent moins de cette envolée des prix. Pour combien de temps encore ?
Cette question reste assez politique sur le fond. Allez, je vous souffle ma réponse pour la première question au moins : "les diésélistes d'abord..."


Je reviens d'une conférence sur "le véhicule décarboné" : le représentant de PSA a présenté une triangulaire troublante :
-Le contexte mondial est difficile, en Europe en particulier, on a une forte tension essence-gazole (bon, il n'a pas développé ce que j'ai dit plus haut et a "massacré" Hubbert),
-Je propose un véhicule pas cher (importance de l'impact social, un véhicule électrique c'est bien, mais pas que pour 100 000 personnes)
-Je décide de proposer, entre autres solutions, un véhicule hybride.....(suspens ! je vous laisse deviner...) diesel.

(tient, c'est peut-être pour ça que l'on en entends toujours parler, mais qu'on ne le voit jamais...)
Pour finir, quelques lectures intéressantes ici, sur la décroissance de la production. Je n'ai pas encore retrouver les articles qui avançait une date quant à la question du diesel (du début de sa fin je veux dire), mais imaginez la réponse "entre 2014 et 2017" sur les gaussiennes que vous allez voir sur ces articles :
 
http://www.usinenouvelle.com/article/la-consommation-mondiale-de-petrole-va-augmenter-en-2010-grace-a-l-asie.N127858
Ouf ! On peut souffler pour 2010 (c'est un peu ça le message, non ?)

http://samuel.benoit.online.fr/fr/petrole-consommation-mondiale-evolution-pic-petrolier-hubbert-peak-oil-chine-inde-npi
http://international.svp.com/2008/12/03/petrole-nouvelle-baisse-de-production-pour-2009/
La récession en images,
Les mécanisme de régulation de l'offre et de la demande
http://generationsfutures.chez-alice.fr/petrole/production.htm
http://www.iceberg911.net/seager.html




vendredi 26 février 2010

Article intéressant sur l'automobile magazine

 Je cite un collègue de la B.A.D. :

Un article prouvant que le bonus-malus attribué en France est totalement illogique et en faveur des diesels (surtout français), très intéressant :

http://www.automobile-magazine.fr/actualites/economie_politique/pollution

On notera que selon leurs critères, qui semblent plus logiques que les critères de l'Ademe, les 20 voitures les moins polluantes sur le marché français sont 19 voitures essence et une voiture diesel...

Suite à cette article, l'ADEME a justement publié un article de désinformation qui a été une nouvelle fois contré par l'automobile magazine :

http://www.automobile-magazine.fr/actualites/economie_politique/enquete_pollution

Une nouvelle fois, on peut remercier la France de ne pas être en faveur du diesel [...]

Une belle trouvaille en somme, pour ceux qui s'intérrogent vraiment sur ce classement.

jeudi 25 février 2010

Rentabilité du diesel : ce qu'il faut savoir

Oublions quelques instant les aspects environnementaux, écologiques, sanitaires....Bon d'accord. Essayons. Hmmm c'est vrai, ce n'est pas facile. Alors faisons comme si nous essayons d'oublier tout ça.


Nous nous retrouvons alors dans le cas d'une personne qui choisit son auto un peu comme s'il choisissait entre le sucre et l'édulcorant, entre l'eau en bouteille de plastique ou de verre, entre thé ou café, etc...

Le choix se résume donc (on laissera bien des aspects essentiels de la question, à savoir l'agrément de conduite, le bruit etc...) à une question d'argent ("Money !" comme le dit la chanson).

 C'est ainsi qu'on en vient à la question de la rentabilité du diesel. Car trop de malentendus et trop d'idées préconçues circulent sur la question. Petite séance de rattrapage avec cet article de l'Internaute, qui certes, sent pas mal le réchauffé, mais repose sur une base d'actualité (la situation de 2008 est appeler à se reproduire, mais sans crise et donc sans récession cette fois....)

À méditer pour ceux qui se sont reconnus dans les paragraphe 2 et 3...

dimanche 14 février 2010

Présentation succincte des principaux polluants atmosphériques

Pour terminer ce soir, voici un site qui se veut abordable en présentant les principaux polluants et leurs effets.

La présentation est très (trop) simpliste, on y trouve des amalgames qui ont de quoi faire tousser (c'est le cas de le dire !) les mieux informés. Mais, on ne peut pas tout avoir, vous avez compris que j'ai fait le choix de la "surinformation" plutôt que celui de la "mésinformation", j'incite au recoupage des donnés (ce qui sera dit par plusieurs sources pourra être considéré comme vrai, ce qui ne sera cité que par une pourra être oublié sans trop de dommages).

Encore un article sur les particules !

Les particules inférieures à 2,5 microns (PM 2,5)

Présentation

"Elles jouent un rôle essentiel dans la physicochimie de l'atmosphère et elles ont toutes, directement ou indirectement, une origine commune qui peut être soit la nucléation homogène hétéromoléculaire, soit la condensation. C'est ainsi que, en nombre, la presque totalité des aérosols provenant de transformations gaz-particules, et notamment les sulfates, se trouve dans ce domaine de dimensions." (RENOUX A., BOULAUD D. ,1998)
Elles sont dites insédimentables car elles sont incapables de se déposer au sol sous l'effet de la gravitation (elles peuvent donc parcourir des distances plus importantes sous l'action des vents) et sont extrêmement nombreuses et difficiles à quantifier, d'autant plus qu'elles ont une masse négligeable. Cette gamme granulométrique est essentiellement composée de suie et sont émises par le trafic routier (J.P WOLF, 1999).
Une grande partie d'entre elles résulte des activités polluantes (moteurs diesel, suies, particules issues de la transformation chimique des gaz polluants en nitrates et sulfates, déchets de la combustion). En effet, le carbone est un sous-produit des gaz d'échappement et des fumées d'usine car tout foyer où la combustion reste incomplète libère du carbone particulaire. Ainsi, les PM2,5 proviennent des véhicules diesel (0,1 à 0,3 µm médian), mais sont également constituées de composés organiques comme les HAP, substances mutagènes et cancérigènes. La mesure des PM2,5 reste plus délicate que les PM10 vu que leur masse est moins importante, en effet on ne peut peser que les plus grosses (celles d'au moins 1 µm).

Les particules diesel

Les moteurs diesel émettent des particules toxiques capables d'atteindre les alvéoles pulmonaires. Ainsi, leur diamètre aérodynamique moyen est centré sur 0,1 µm en sortie d'échappement. Le diesel dégage une pollution spécifique, visible, des fumées noires et des suies constituées de particules de carbone et imprégnées de diverses substances, en particulier d'hydrocarbures.
En effet, on observe au microscope électronique à transmission qu'elles sont constituées d'agglomérats de microsphérules de carbone, sur lesquelles sont adsorbés les hydrocarbures et les autres espèces minérales. "Ces sphérules de quelques centaines d'angström ont un grand pouvoir d'assemblage soit en mode "embryon" de 0,005 à 0,015 µm soit en mode agrégat de 0,08 à 1µm, fonction du régime moteur et de la richesse du carburant" (ADEME, 1998). Ces agrégats peuvent être constitués de quelques éléments de grand diamètre à quelques milliers d'unités de petit diamètre.
Ainsi, les particules diesels sont principalement constituées :
  • de résidus solides sous forme de suies
  • d'une partie soluble constituée d'hydrocarbures imbrûlés issus de la combustion incomplète du gazole et de l'huile
  • d'une fraction insoluble (sulfates et dérivés soufrés).
Composition chimique d'une particule
Composition chimique d'une particule
crédit : INERIS, 1993
Ce sont en fait, des particules solides avec une structure fractale qui s'apparente à une éponge (WOLF, 1999). Des mesures de l'INERIS (1995) en site proche du trafic à la porte d'Auteuil (Paris - France) en bordure du boulevard périphérique, révèlent que 75% du carbone suie se trouve dans la fraction granulométrique inférieure à 1 µm, le reste étant à associer à des particules plus grossières. Ce qui démontre bien l'importance et la spécificité de la pollution diesel.

Les particules de soufre

Il existe des particules secondaires issues de transformations des particules primaires, comme les sulfates, les nitrates et l'acide sulfurique (H2SO4). Le SO2 est souvent associé à des particules en suspension notamment des sulfate SO4 sous forme de sels ou d'acides.
Les particules reliées aux oxydes de soufre et d'azote sont extrêmement hygroscopiques c'est-à-dire qu'elles ont une affinité avec l'eau et autres liquides. Les gouttelettes de liquide sont donc souvent recouvertes d'une mince pellicule imperméable qui empêchent leur évaporation, phénomène qui assure la formation de brume. Une des propriétés des plus dangereuses des poussières est de fixer des molécules gazeuses irritantes ou toxiques présentes dans l'atmosphère (acide sulfureux, goudrons, gaz nitreux), ce qui augmente considérablement leur nocivité. Tel est le mécanisme toxique des brouillards de Londres ou de Los Angeles, appelés smogs (de smoke, "fumée", et fog, "brouillard"). Les particules servent donc de noyaux de condensation pour la vapeur d'eau.

Les métaux lourds

Les poussières contenant des métaux lourds sont capables de contaminer les chaînes alimentaires. Les effets de ces polluants sont divers et dépendent de l'état chimique sous lequel on les rencontre (métal, oxyde, sel, organométallique).
On y trouvait par exemple le plomb issu de la transformation des composés plombiques utilisés comme additif des supercarburants. Les types de métaux lourds rencontrés sont fonction des sources d'émissions. Par exemple, l'automobile émet principalement du cuivre et du fer. Les usines d'incinération : zinc et cadmium... (JUGUET et al, 1984).

Les microsuies

Leur "granulométrie est très largement inframicronique (0,05 à 0,1 micromètres)," et elles "sont émises par la combustion du fioul léger (moteurs diesel, chauffage domestique), de l'essence, du kérosène et du gaz. Elles sont essentiellement carbonées, mais peuvent contenir du soufre si le combustible dont elles sont issues en contient (fioul léger, par exemple). Certains pensent que leur concentration atmosphérique serait en augmentation, en rapport avec le trafic automobile. L'absence de séries de mesures des microsuies ne nous permet pas d'en connaître quantitativement l'évolution. Elles sont les probables responsables de la reprise du noircissement des façades après les récentes grandes campagnes de nettoyage-ravalement des monuments et immeubles parisiens." (PRQA Ile-de-France, 2000)
Ce sont les plus dangereuses pour la santé humaine car elles sont susceptibles de pénétrer dans les alvéoles pulmonaires.
Par ailleurs, elles contaminent les plus hautes couches atmosphériques et sont donc responsables d'une pollution globale. Les plus fines particules peuvent s'agréger aux plus importantes sous l'action des forces d'adhésion, de capillarité et de tension superficielle. En premier lieu, la moitié des particules ont un diamètre inférieur à 2 µm sur une échelle allant jusqu'à 10 µm. Nous constaterons également que :
  • près de 80 % des particules contenant du plomb sont inférieures à 2 µm, ce qui confirme l'origine automobile de cette granulométrie
  • environ 82 % des particules contenant des HAP ou étant génotoxiques ont un diamètre inférieur à 2 µm, or ces éléments sont préoccupants pour la santé
  • enfin, les particules contenant du fer ou du magnésium sont davantage grossières, 60% d'entre elles faisant plus de 3,3 µm

Les objectifs actuels sur cette pollution

Actuellement, on s'intéresse davantage aux particules de 10 et 2,5 microns. En effet, ces seuils jouent un rôle essentiel au niveau sanitaire. Car les particules inférieures à 10 microns sont capables de pénétrer dans les poumons (on les appelle particules inhalables PM10), et celles qui ont un diamètre inférieur à 2,5 microns peuvent atteindre les alvéoles pulmonaires pour s'y accumuler (particules alvéolaires PM2,5).
A ce titre, une stratégie thématique sur la pollution atmosphérique a été adoptée par la Commission européenne en septembre 2005, elle est assortie d’une proposition de directive sur la qualité de l’air ambiant. Celle-ci devrait fixer des limites sur les concentrations des PM2,5 et PM10.
En milieu urbain la mesure des PM10, qui contiennent 80% en masse de particules inférieures à 2,5 microns, fournit une assez bonne représentation des concentrations en PM 2,5. (Communauté européenne, 09/2006)

Les impacts sanitaires du diesel, par notre-planete.info

Voici un panel édifiant des impacts sanitaires du diesel. L'article est relativement complet même s'il est plus réservé que la moyenne sur les effets prouvés.

Les effets sanitaires des particules diesel : de l'asthme aux effets cancérigènes

Les particules s'immissent dans l'appreil pulmonaire

"Les particules diesel sont capables d'atteindre le parenchyme pulmonaire profond (étage alvéolaire). La "déposition" de ces particules s'effectue majoritairement au niveau trachéo-bronchique et alvéolaire. La déposition au niveau du rhinopharynx est plus faible. Pour des particules de taille supérieure (> 10 µm), une majorité des éléments reste piégée dans les voies respiratoires hautes. Ainsi, les particules diesel constituent un véhicule aérodynamique qui délivre au plus profond de l'arbre respiratoire les composés adsorbés à leur surface." (TISSOT, 1999).
Et sur ce point, "une étude de 1999 (B. RUDELL, A. BLOMBERG, et al.) comparant certains effets biologiques d'émanations diesel filtrées (débarrassées de leur phase particulaire) ou non, confirme que les effets nocifs observés sont essentiellement liés à la phase particulaire (par rapport à la phase gazeuse) de ces émissions. Les composés adsorbés sur les particules semblent être responsables de la plus grande part des effets observés." (TISSOT, 1999)

Le programme de recherche ERPURS

A la demande du préfet de Région et du président du Conseil Régional d'Île-de-France, l'ORS (Observatoire Régional de la Santé) coordonne le programme de recherche ERPURS (Evaluation des Risques de la Pollution Urbaine pour la Santé) qui après une première phase couvrant la période 1987-1992 est en constante réactualisation. ERPURS a pour objectif de mesurer l'impact à court terme de la pollution atmosphérique sur la santé en Ile-de-France. Pour cela, des données sanitaires (hospitalisations, visites à domicile de SOS-médecins-Paris, arrêts de travail...), ont été mises en relation avec les mesures de pollution atmosphérique fournies par AIRPARIF (particules, dioxyde de soufre, dioxyde d'azote et ozone).
Cette étude prend en compte certains facteurs qui pourraient interférer dans la relation entre la pollution atmosphérique et la santé, par exemple les périodes de pollinisation, la météorologie, les épidémies de grippe, les grèves dans les hôpitaux, etc. ...
L'étude pour la période 1987-2000 a mis en évidence un lien entre les variations des niveaux moyens journaliers de pollution couramment observés en agglomération parisienne et les données sanitaires.

Un facteur d'exacerbation des allergies et de l'asthme

Des études de plus en plus nombreuses examinent le lien entre l'asthme et la pollution par les moteurs diesel. Ainsi, une augmentation des admissions hospitalières pour crises d'asthme est observée lors de forts pics de pollution et ceci indépendamment des conditions climatiques (DAMIA, et al, 1999).
Ainsi, chez des populations professionnellement exposées aux émissions diesel (conducteurs de locomotives diesel notamment), on observe le développement d'asthme allergique alors que ces individus sont non-fumeurs et n'ont pas d'antécédents de pathologies respiratoires allergiques. De nombreux travaux expérimentaux sont menés afin d'élucider les mécanismes impliqués mais tout n'est pas encore connu. Cependant, le rôle des particules diesel dans l'exacerbation des réactions allergiques démontré épidémiologiquement semble actuellement être également une certitude expérimentale (TISSOT, 1999).
"Les particules en suspension - aérosols - libérées par la combustion fossile fragilisent l'appareil respiratoire et sont à l'origine de maladies invalidantes. C'est ainsi que, de 1964 à 1990, la prévalence de l'asthme a doublé tant en Grande-Bretagne et en Australie qu'en Afrique orientale." (D. FROMMEL, 1999)
Par exemple, chez des individus asthmatiques, une intensification des crises d'asthme liées aux pollens est observée. Or, quelques travaux montrent que les particules diesel peuvent adsorber à leur surface des allergènes spécifiques de ces pollens et leur servir de véhicule. De plus, Il a été montré grâce à une étude prospective en région parisienne, d'une cohorte que, chez des enfants asthmatiques, des accroissements, même mesurés (de l'ordre de 50 µg.m-3 en moyenne horaire), de dioxyde de soufre et fumées noires pendant la période automno-hivernale étaient responsables de réapparition ou d 'accroissement des symptômes après un délai de 3 à 4 jours ou bien d'augmentation de la consommation médicamenteuse (collectif d'auteurs / Eur Respir J., 1998).

Des particules diesel cancérigènes ?

Les effets cancérigènes font toujours l'objet de quelques études épidémiologiques dont les résultats confirment un risque accru de cancers pulmonaires pour des populations professionnellement exposées aux émissions des moteurs à combustion. Ces effets semblent se confirmer également expérimentalement mais certains résultats sont parfois contradictoires comme en témoigne des études de cancérogenèse expérimentales qui ont été menées sur des rats. VALBERG et al. (1999) ont ainsi montré qu'il n'existe pas d'association statistique entre l'exposition à de faibles concentrations (0-3 µg/m3) en particules diesel et le développement de tumeurs. Le seuil théorique calculé se situe à 600 µg/m3. Si l'on se rapporte aux valeurs environnementales et aux doses journalières admissibles, il faudrait une exposition supérieure à celle d'une vie humaine (en moyenne) pour observer un effet cancérigène.
Ainsi, "il est couramment admis par la communauté scientifique que les particules diesel sont responsables de la cancérogénécité expérimentale des émissions diesel " (SFSP, 1996)
De surcroît, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) classe les particules diesel comme étant probablement cancérigènes chez l'Homme.
Pourtant, l'état actuel des travaux scientifiques ne permet pas de préciser davantage.

Autres effets pathologiques

Quelques études se penchent sur des effets autres que respiratoires des particules diesel.
Les organes concernés sont l'appareil reproducteur, la peau et le système cardio-vasculaire. En ce qui concerne les deux premiers types d'organes, les travaux menés demeurent encore insuffisants pour attester de façon sûre des conséquences des particules diesel. Toutefois, elles sont également suspectées d'avoir un rôle dans la potentialisation d'affections cardio-vasculaires chez des sujets prédisposés.
Parmi les résultats de l'étude ERPURS, on peut noter une corrélation entre l'augmentation des concentrations en Fumées Noires et les hospitalisations pour causes cardio-vasculaires.
fumées noires et hospitalisations
Courbe dose-réponse entre les fumées noires et les hospitalisations pour causes cardio-vasculaires (1987-1990)
Crédit : ORS in PRQA, 1999

Conclusion

Ces quelques extraits d'articles exposent bien la nocivité des particules et notamment celles issues de moteurs diesel. Par contre, nous ne pouvons encore affirmer que ces dernières seraient cancérigènes, tout en notant les préoccupations des spécialistes.
En conclusion, nous pouvons reprendre les résultats de calculs effectués par le CSHPF. Ceux-ci déterminent " qu'une exposition à " faible dose " pendant une " longue période " peut correspondre à un risque attribuable au moins équivalent si ce n'est plus important à celui observé pour une " forte dose " pendant une " courte durée ". Et, du point de vue épidémiologique, les deux situations sont comparables. "